Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde.
Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement ( il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel – par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable – qu’aucune réponse n’est attendue ; plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.
___________ Jean-Yves Debreuille , Lorand Gaspar, Seghers, Poètes d’aujourd’hui, 2007,p.149
Rédigé par: Mth CAUSEUSE | jeudi 19 février 2009 à 23:28
Rédigé par: Christiane | jeudi 19 février 2009 à 08:29